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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 22:02
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« L’Ouest dont je parle n’est qu’une autre façon de nommer la nature sauvage, et toute ma réflexion vise à montrer que c’est dans cette nature sauvage que réside la sauvegarde du monde. »

 

Henry David Thoreau, dans sa conférence intitulée « Marcher » donnée en 1851, puis publiée en 1861.

 

 

Photo : l'Ouest sauvage, novembre 2009

 



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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 06:30
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L’année n’est pas terminée mais je pense que le concert de Fink au Cabaret Electric (Le Havre) restera sans doute comme mon plus grand émoi musical de ces derniers mois.

 

Fink est un grand nom de l’Electro connu pour avoir été l’un des producteurs aux commandes du fameux label Ninja Tunes. Délaissant les consoles il est désormais à la tête d’un trio (basse, batterie, Fink à la guitare acoustique et au chant) qui vient de terminer sa tournée européenne par un concert donné le 17 Novembre au Cabaret Electric.

 

De mémoire de concert je n’ai jamais vu un public aussi subjugué dès les premières secondes. Minimalisme acéré des compos, précision et dépouillement des chansons, inventivité permanente des musiciens (un batteur époustouflant, un bassiste à l’assise de plaque tectonique, un guitariste chanteur débordant de charisme et d’humilité).

 

Résultat une heure de frissons, des rappels en pagaille, trois musiciens dont on sent à chaque chanson la complicité et la joie intense de se donner.

 

Si Fink passe par chez vous l’année prochaine, ne le ratez pas…

 

 

PS : je n'ai pas trouvé de photos non libres de droits de Fink en concert.


 




Sort Of Revolution, extrait de l'album Sort Of Revolution, 2009

 



Blueberry Pancakes, extrait de l'album Breakfast And Biscuits, 2007

 

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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 12:01
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J’aurais pu mettre la photo d’une peinture de Pierre Soulages pour illustrer ces mots mais cela n’aurait servi à rien.

 

Car il ne suffit pas de « voir » ses toiles pour les apprécier, il faut les Vivre. La peinture de Pierre Soulages n’est en effet pas figée dans l’expression d’un message mais une peinture qui renvoie sans cesse le spectateur à son propre regard changeant sur la toile et à son intériorité. C’est une peinture interactive, une peinture « live » qui ne se délivre que dans le mouvement du spectateur devant et autour de la toile. Regarder la photo d’une peinture de Pierre Soulages pour apprécier son œuvre revient à vouloir découvrir la musique d’un groupe sans jamais l’écouter. Cela ne marche pas.

 

Soulages explore la couleur noire depuis 60 ans en toute radicalité. Tout d’abord le contraste du noir avec d’autres couleurs puis petit à petit, le noir lui-même, ce noir qui a envahi l’ensemble de ses toiles à partir des années 70. Une peinture sans messages, sans indices, sans piste à suivre sinon celle de la méditation intérieure à laquelle elle invite et de l’immense sentiment de liberté qu’elle procure. Une peinture sans concession qui ne laisse aucun indice ni piste à suivre. Toutes ses toiles sont titrées « support, dimensions, date de réalisation ». Le spectateur se retrouve seul pour explorer cette œuvre et passé une déstabilisation toute naturelle, des paysages, des impressions, des émotions naissent. Soulages semble nous lancer un grand défi, celui de notre propre capacité à VOIR.

 

Car de ce noir, de ce Lieu découvert et exploré qu’il appelle « Outrenoir » émerge une lumière, la lumière du noir. Fragile, volatile, en constante mutation cette lumière du noir est la résultante de son travail sur la matière noire. Lissage, brillances, texture, contrastes créent cette lumière impossible.

 

Ainsi qu’il l’explique dans le film (à ne pas manquer) projeté dans l’expo, ses peintures ont modifié le rapport du spectateur avec l’œuvre. Changement de distance tout d’abord car l’œuvre n’est plus le message de la toile, mais une zone (Interzone ? Vortex ?) située entre le spectateur et le support, zone où la lumière émergeant du noir se mélange à l’œil de celui qui regarde. Changement dans le temps aussi car l’œuvre n’existe plus désormais qu’au moment où le spectateur l’aborde. Elle n’est plus « unique » mais « multiple », « multiforme » jusqu’à l’infini dans le temps. Une peinture de Soulages existe au moment et au lieu où on la perçoit. Que l’un de ces paramètres change et la toile change, devenant une autre version d’elle-même.

 

Au fil de l’exposition, l’excitation monte en moi. J’ai l’étrange l’impression de me retrouver plongé dans un concert de Post-Hardcore prometteur en acouphènes. C’est un déluge de noir, de lumière noire, depuis ses premiers dessins étrangement calligraphiques de 1947 jusqu’à ses immenses polyptiques de 2009 (réalisés à l’âge de 89 ans…). J’en veux encore. Qu’il ne s’arrête jamais de peindre. Qu’il fasse varier à l’infini les infimes modifications de lissage de cette matière noire. Que ses polyptiques se complexifient sans cesse et sans cesse jusqu’à former une nouvelle langue, un nouveau monde, une autre Non-Lieu. L’OUTRENOIR.

 

On ressort groggy de l’expo. Merde alors, quelle patate !

 

A voir jusqu’en mars 2010 à Paris au Centre Pompidou.

 


 

 

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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 06:30
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«La nature s’est mieux souciée de l’éducation et du raffinement de ses enfants que les parents les plus attentionnés. Rapportez une branche de la forêt ou une pierre transparente du ruisseau et mettez-là sur votre cheminée ; les objets qui ornent votre maison auront l’air plébéien auprès de la noblesse de son apparence et de son maintien.»

 

Henry David Thoreau, Histoire générale du Massachussetts, 1842

 

 

 

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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 06:06
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"Si l'errance est la libération par rapport à tout point donné dans l'espace et s'oppose conceptuellement au fait d'être fixé en ce point, la forme sociologique de l'étranger se présente comme l'unité de ces deux caractéristiques. Cependant, ce phénomène montre aussi que les relations spatiales ne sont que la condition, d'une part, et le symbole, d'autre part, des relations humaines. Ainsi, l'étranger dont parlons ici n'est pas ce personnage qu'on a souvent décrit dans le passé, le voyageur qui arrive un jour et repart le lendemain, mais plutôt la personne arrivée aujourd'hui et qui restera demain, le voyageur potentiel en quelque sorte : bien qu'il n'ait pas poursuivi son chemin, il n'a pas tout à fait abandonné la liberté d'aller et venir. Il est attaché à un groupe spatialement déterminé ou à un groupe dont les limites évoquent des limites spatiales, mais sa position dans le groupe est essentiellement déterminée par le fait qu'il ne fait pas partie de ce groupe depuis le début, qu'il y a introduit des caractéristiques qui ne lui sont pas propres et qui ne peuvent pas l'être."
 

[...]
 
"Cette relation
[celle de l'étranger avec le groupe] peut encore se traduire par l'objectivité de l'étranger : parce qu'il n'a pas de racines dans les particularismes et les partialités du groupe, il s'en tient à l'écart avec l'attitude spécifique de l'objectivité, qui n'indique pas le détachement ou le désintérêt mais résulte plutôt de la combinaison particulière de la proximité et de la distance, de l'attention et de l'indifférence."
 

Georg Simmel, Digressions sur l'étranger, 1908
 

 
Photo : Etranger dans le vortex 1 (juin 2009)
 
 
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /2009 21:25
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Photo : hier soir au cap d'Antifer
Musique : Dancing Now par The B-52's
extrait de leur dernier album Funplex (2008)
 
Patate garantie, leur meilleur cru depuis le 1er album de 1979 !
"The fun is back"

 
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Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /2009 06:28
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"Je suis devenu un vieux bonhomme solitaire, connu essentiellement pour ne pas porter de chaussettes, et que l'on exhibe parfois, en certaines grandes occasions, à titre de curiosité."
 
Albert Einstein, Correspondance

 
 

 
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 06:16
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  «Au fur et à mesure que l'on remonte dans des temps de plus en plus reculés, la totalité de l'Univers se réduit à la taille d'une orange, puis d'un citron, d'un petit pois, d'un grain de sable et ainsi de suite jusqu'à des dimensions encore plus petites. En extrapolant il semblerait que l'Univers n'ait d'abord été qu'un point où matière et énergie auraient été comprimées à une densité et une température inconcevables.»

Brian Greene, L'Univers élégant
 





(j'en connais que cela va intéresser)

l'Univers ----> .

 


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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 10:20
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Une pensée pour James Graham Ballard qui s'est éteint hier à l'âge de 78 ans.
 
Ballard a été l'un des écrivains de Science Fiction les plus novateurs de la seconde partie du 20 ème siècle. Après un début de carrière placé sous le signe de romans catastrophistes et écologistes (Le Monde Englouti, Sècheresse, Le Vent de Nulle Part), il a dynamité le monde de la SF en publiant Crash ! en 1973.

Avec Crash ! Ballard délaissait l'étrangeté d'un futur incertain. Il partait explorer les fantasmes et les névroses induites par la Société Consumériste. Il en a rapporté l'image d'un monde conquis par les banlieues, les zones commerciales, les aéroports, les « interzones » (qui me sont si chères), où la sexualité, la violence, les mass-médias, et l'automobile dominent notre psyché.
 
Qualifié à l'époque de roman pornographique, dérangeant ou immoral, Crash ! est l'un des romans qui a le plus traité de la modernité et du réel post-seconde guerre mondiale. Cela a ouvert la voie à toute une nouvelle littérature que l'on recouvre aujourd'hui sous le terme de Transfiction. De cette époque on retiendra Crash !, IGH, LÎle de béton, et l'expérimental Le Salon des Horreurs. (Crash ! a été adapté par Cronenberg au cinéma dans les années 90).

Dans les années 80 Ballard est propulsé sur le devant de la scène lorsque Spielbeg adapte son roman L'Empire du Soleil. A part dans son œuvre, l'Empire du Soleil raconte l'enfance de Ballard lorsque lui et sa famille furent internés dans un camp par les Japonais.
 
Après ce succès il élargit son audience en revenant à ses thèmes de prédilection. Millenium People, Super-Cannes, continuent d'explorer ce qui fait le propre de notre Société Consumériste, se focalisant cette fois sur l'obsession sécuritaire.
 
Son dernier roman Que Notre Règne Arrive, lu il y a seulement quelques semaines, démontre qu'il avait toujours le regard aussi aiguisé. Résolument moderne, il parle de l'avènement d'une Dictature Molle, celle des Centres Commerciaux, des Stades de Football, et des partis politiques nationalistes.
 
A noter qu'au milieu de tout cela il a publié un recueil de nouvelles, Vermillion Sands, dont la poésie ne s'efface pas facilement.
 
Merci pour tous les bons moments passés en compagnie de vos livres Mr Ballard, ils sont devenus des parcelles de moi.
 


Parking de The Tricorn Centre, Portsmouth, Photographe : Sue Barr/Thames & Hudson (source : http://www.ballardian.com/index.php)

"Prenez une structure comme un Parking à étages, l'une des constructions les mystérieuses jamais bâtie. N'est-ce pas l'archétype d'un étrange état psychologique, comme une sorte de vision entraperçue au cœur de sa géométrie bizarre ? Quel effet l'usage de ces constructions a sur nous ? Les vraies Mythologies de ce siècle n'ont-elles pas été écrites par ces constructions que personne ne remarque ?"
 
J.G. Ballard, Crash!




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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 00:10
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Fever Ray : Fever Ray (2009)



When I Grow Up



Dry and Dusty



Concrete Walls



I'm Not Done

Un album au charme étrange et puissant que celui sorti ce mois-ci par la moitié féminine du duo Suédois (plus connu des dancefloors) The Knife.
 
En un patchwork sombre et réussi j'y croise nombre de sonorités aimées dans les années 80 : Joy Division (la deuxième face de l'album Closer), Dead Can Dance (les 3 premiers albums), Cocteau Twins...

La voix de
Karin Dreijer Andersson, déformée, étirée, passant de l'electro fade et Ibizienne à l'obscurité des pôles habite tout l'album. Etrange mélange de brusquerie et de douceur, de pesanteur chtonienne et d'envolées spectrales. J'aime. Sans retenue.

4 morceaux extraits de l'album. Bonne écoute.

http://feverray.com/





 

 
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /2009 00:24
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"Vue de la fenêtre depuis la propriété du Gras
à Saint-Loup-de-Varennes"


Héliographie au bitume positive/négative, non gravée, sur étain pur,
considérée comme la toute 1ère photographie effectuée.

 
Joseph Nicéphore Niépce, 1827



Et si toute la démarche artistique ne consistait en rien d'autre que de retrouver le chemin de l'imperfection magique des débuts ?



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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /2009 19:35
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The Balfa Brothers
Will Balfa, Dewey Balfa, Nathan Abshire, Alphonse Bois Sec Ardoin (assis), Tony, Rodney Balfa




La Danse du Mardi Gras

"Les Mardi Gras ca vient de tout
partout,
Tout alentour, le tour du moyeu,
Ca  passe une fois par an
demander la charité.
Quand même si c'est une patate,
une patate et des gratons.
 

Les Mardi Gras sont dessus un grand voyage,
Tout alentour, le tour du moyeu.
Ca passe une fois par an
demander la charité,
Quand même si c'est une poule maigre
et trois ou quatre coton maïs.


Capitaine ! Capitaine ! voyage ton flag
Allons chez l'autre voisin,
demander la charité pour vous-autres,
vous venez nous rejoindre,
vous autres vous venez nous rejoindre,
oui au Gumbo ce soir."


Musique : The Balfa Brothers

Chant : Dewey Balfa


Dewey Balfa (1927-1992)



Bonheur de la langue Cajun

Bonheur de la musique Cajun






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