(Suite des articles précédents)
Donc si l’on peut faire disparaître des éléments du champ du réel en manipulant les mots, en les étripant, en expurgeant ou en martelant le langage, il est tout à fait possible de faire émerger
des éléments dans le réel en les « exprimant » par des mots. Je vois dans ce concept complexe l’origine ancestrale du processus d’invocation. Qui de nous n’a pas au moins une fois
prononcé un mot pour voir le mot se transformer en la chose désirée ? Qui n’a pas murmuré le nom de l’être aimé pour le faire apparaître devant ses yeux comme par enchantement ? Qui n’a
pas cherché à dissoudre la douloureuse absence dans l’énoncé d’une formule ? C’est le signe que l’invocation, la création par le mot prononcé, est un phénomène connu du savoir ancestral
de l’humanité. Si nous procédons ainsi, c’est que nous avons gardé le souvenir enfoui quelque part dans notre mémoire. Et j’affirme que ce mode opératoire n’est rien moins que la technique de
base ayant présidée à la création de ce monde (et de bien d’autres d’ailleurs, mais je n’y suis pas allé).
Notre monde n’est pas un musée avec des étiquettes posées sur chaque objet. Ce que je veux dire, c’est que c’est le mot qui crée le sens (donc l’objet) et non pas un sens
préexistant qui formerait le mot pour servir d’étiquette. Dans un vieux numéro de l’almanach du Marin Breton j’ai retrouvé cette phrase : « Au commencement était le verbe. ». Tout
est dit. Au début il n’y avait que des mots. Cette pensée « renversée » est fondamentale, car d’une certaine manière elle justifie l’existence d’une Déité. Je ne conçois pas du tout
cette Déité sous l’apparence d’un vieux biker portant catogan, toge et sandalettes de cuir issues du commerce équitable. Je pense plutôt à un Software ensemençant l’univers avec des mots germes.
Le nom de ce Software est YHWH Inc. Il ne faut pas avoir peur de YHWH. YHWH est un .exe comme les autres. Il s’éxécute. Une fois le boot effectué, il tourne. Je vois d’ailleurs dans cette
analogie entre le fait de dire qu’un programme « tourne » et la phrase de Galilée « et pourtant elle tourne » une preuve supplémentaire que la course circulaire des astres
n’est rien d’autre que le « reflet » du fait que le programme YHWH est en train de « tourner ». La répétition cyclique des phénomènes célestes n’est que la conséquence de
patterns, de motifs imbriqués dans le cœur du programme. Quelques fois il y a un bug. Par exemple cet été, c’était l’hiver.
Je pense très sincèrement que dans le passé reculé de notre monde, la Terre a fait l’objet de bombardements réguliers de la part de YHWH Inc. Pendant des millénaires, notre sol a
subi de colossales averses de métémantiques. Les métémantiques sont des météores sémantiques. Concrètement, un météore sémantique est un très gros caillou contenant un ou plusieurs mots. Pour
s’en faire une idée, représentez-vous une géode de bonne taille. Lorsque le métémantique heurte le sol, il se fracasse en deux. A l’intérieur se trouvent les mots. Je sais que cette idée peut
paraître audacieuse mais il faut admettre que les mots ne sont rien d’autres que des objets ressemblant à des espèces de petites graines. Ils sont le pouvoir de germination de l’objet qu’ils
représentent (ou expriment, c’est difficile à formuler). Au bout d’un certain temps et d’éventuelles combinaisons (pour les objets formés de mots composés comme par exemple « attelage de
caravane ») les choses apparaissent directement sur le sol. Cette époque de bombardements incessants je l’appelle « Hyper Génèse ».
On peut se demander si les mots sont tous arrivés sans ordre préparé. Personnellement je ne le pense pas. Et ce pour la simple et bonne raison que certains objets sont le résultat
d’inclusions de mots. « Roue » bien évidemment a été bombardé avant « voiture ». Dans le même ordre d’idées, les mots « politiquement » et « correct » sont
une recombinaison algébrique des mots « crédulité » « ignorance » et « conspiration ». Je reviendrais plus tard sur cet aspect des choses.
On trouve la preuve de ce que j’avance dans la Bible puisqu’il est expliqué qu’Adam est tiré du sol. On m’objectera facilement qu’à ce jour on n’a jamais découvert de mots en
creusant dans son jardin et que tout ceci est infondé. A cela je répondrais qu’il est logique de ne rien retrouver puisque depuis les averses métémantiques, tous les mots ont germés. Seul
subsiste la chose invoquée, florissante telle une belle plante : choux, genoux, hiboux, cailloux. Mais je ne doute pas qu’un jour un scientifique politiquement correct ne tombe sur un mot
non germé au fin fond d’une caverne. On verra alors que ce sont de petites choses, une sorte de matière noire comme la tourmaline, coupante comme de l’obsidienne. Leur texture varie selon leur
nature. Le mot « haine » par exemple est une gélatine putride et puante qui infecte durablement les sols qu’il infiltre.
Cela nous ramène à Richard Shaver. En allant dans les cavernes où il s’est rendu des années durant, que pouvait-il ramener sinon des mots non germés ? Une fois ces mots
exposés à la lumière du soleil, ils ne pouvaient « qu’invoquer » leur signification. C’est pourquoi tout ce qu’il a dit était vrai. Les Deros, existent. Les Teros existent. La Lémurie
existe. Les filles vivant sous terre portent des tenues très déshabillées.
Cioran a dit « La vie est le roman de la matière ». Je crois qu’il était au courant pour Shaver. Il voulait tout simplement dire que la matière des mots trame le roman de
la vie.
du côté des écrivains : Rabelais, Carroll, Joyce...
Reste à savoir (c'est la question que je me pose) si le "verbe" est un mot comme les autres.
"Au commencement était le Verbe
et le Verbe était avec Dieu
et le Verbe était Dieu...
...
Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut.
Ce qui fut en lui était la vie...."
Ce texte sublime est le prologue de l'Evangile selon Saint Jean et non du Marin Breton !!!!!!
Non mais des fois je tombe de haut !!! ; )
tu es sûre ??? ;-)
Verbe – (lat. verbum, parole - 1050)
Il y a parait-il, dans les lallations des bébés, virtuellement toutes les langues. Peut-être ont-ils cette faculté d’entendre les métémantiques avant même qu’ils n’éclosent.
C’est parce que l’art est inutile qu’il nous est précieux.
code : AZF (ça fait Boum !)
la discussion sur l'art est vaste... d'autant que la définition de ce mot a bien varié depuis des millénaires..; Comment mettre dans le même sac les fresques de lascaux, Jérome Bosh, et l'urinoir de Duchamp....
il est éventuellement précieux parce qu'indispensable à 1 vie qui ne serait pas celle de légumes ou de décérébrés
mais si nous vivions tous la vie que nous souhaitons : l'art existerait-il ?
peut-être (?) ne nous est-il indispensable que tant que la société des hommes est malade... & les hommes avec ?...
Mais qui donc est cette personne que j'affectionne ??? ;-)
Le verbe est aussi un mot qui exprime une action...ou un état.
La Bible est une compilation intéressante de souvenirs de l'humanité. On y parle des extraterrestres, du déluge qui a englouti l'atlantide, mais surtout on y parle du souvenir ancestral de l'homme lorsqu'il possédait l'innocence de l'animal (le jardin d'eden)...
Si l’art échappe aux notions d’utilité et d’inutilité, il échappe tout autant aux contingences sociétales. L’art englobe tous les aspects du spectre humain, joie, haine, maladie, amour, malheur, guerre, beauté, laideur… en les transcendants.
Je kroah…
Utile sans être fonctionnel peut-être... l'art est apparu dans les sociétés à partir du moment où leur capacité de production de nourriture était suffisante pour permettre que certains membres du groupe ne soient pas affectés à cette tache. C'est à ce moment là que sont apparus les prêtres, les chamans, qui sont à mes yeux les ancêtres des artistes. Oui je pense comme toi, son rôle est transcendant...
L'art est utile aux personnes qui ont beaucoup d'argent et ne savent pas quoi en faire...Il est coté en Bourse.
à la Grenouille (décidemment c'est 1 vivarium ici !) : non ! tout n'est pas art dans ces civilisations sur lesquelles certains phantasmes comme sur le mythe rousseauiste du bon sauvage ! 1 cuillère est 1 cuillère ! point ! le romantisme vis-à-vis de ces cultures ne découle que d'1 culpabilité de les avoir (hélas) détruites... mais tout ne se vaut pas... si l'on étudie ces cultures, le sacré y a 1 grande place & l'art tel que nous l'entendons n'y a pas "cours"... en Occident, l'art découle du sacré & s'en est détaché... toujours à la recherche du fondement des choses...
la prochaine fois je vous apporte des mouches...
STP pas de mouches sur mon blog !!! :-))
l'art ,expression sublime d'un refoulement ? comme dirait Freud. toujours pour faire avancer le schmilililiblique...
et s'enrichit toujours plus !
Les civilisations dont je parle, certaines existent encore. En Amérique du Sud (ceux qui habitent encore tout en haut des montagnes) par exemple, où les gens sont tellement "pauvres" (dans le sens où ils n'ont pas de télé à écran extra plat), que tous les objets de leur vie quotidienne doivent durer : donc pas de plastique mais ils sculptent leurs cuillères dans le bois. Et là ça devient une oeuvre d'artisan si ce n'est d'art. Pièce unique en plus, car ils ne connaissent pas le travail à la chaîne.
Si eux-mêmes ne portent pas un jugement artistique sur leurs propres oeuvres, quelqu'un de l'extérieur peut le faire ! En tout cas, on a le droit de dire que c'est beau. Mais je sens que quelqu'un va dire que l'art , c'est pas forcément beau...
D'autre part, -mais cette distinction du particulier, de l'individu vient peut-être de la renaissance ou du romantisme ! De nos jours est exalté l'aspect représentation personnelle- Bref l'art est aussi une expression symbolique des personnes, un jeu et un laboratoire de codes; enfin il me semble...
J'aime beaucoup tes conceptions à la fois ludiques et philosphiques des choses! L'aspect Yhwh.exe par ex! :-D
Cependant, si tu parles de germes de mots, comment définis-tu les mots oubliés ou tombés en désuétude, emportant avec eux leur partie de l'histoire? Est-ce que ce ne serait pas des traces pré-historiques, des vestiges, des ossements anciens, ou des morceaux de puzzle enfouis dans la terre?
Donner une définition de l'art est sans doute un débat sans fin, surtout que tant les artistes que les critiques et académiciens ont des idées bien arrêtées (bornées ?) sur le sujet...
les mots tombés en désuétudes seraient des germes ayant manqué de d'eau et de soleil, de petits plants (plans) appelés à disparaître...