Mercredi 19 avril 2006
3
19
/04
/2006
17:15
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Bon, il ne faudrait pas croire que dans le Mystère Shaver, il n'y avait que de monstrueux DERO tous plus laids les uns que les autres. Il y avait aussi de jolies filles, telle l'énigmatique NYDIA ci-contre pour guider Richard Shaver dans le dédale des cavernes souterraines.
Je vous invite à aller jeter un coup d'oeil (si je puis dire) sur ce site : [cliquez ici]. Il s'agit d'une galerie d'art spécialisée dans la vente des peintures originales ayant servi pour l'illustration des couvertures de magazines de Science Fiction de l'âge d'or. On y trouve un petit article sur l'auteur de tableau, Harold W. McCauley (1913-1977). Il a réalisé ce travail pour la couverture du N°1 du Shaver Mystery Magazine, revue éphémère et légendaire qui eut en tout et pour tout 7 numéros entre 1947 et 1948.
Personnellement, je suis partant pour la suivre dans les cavernes, quand bien même il me faudrait affronter quelque DERO mal embouché.
PS : Le prix est bien entendu faramineux.
http://grapefruitmoongallery.com/pulpandpaperback/305.shtml
Jeudi 13 avril 2006
4
13
/04
/2006
01:01
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
En fait je ne vous ai pas tout dit. Je parle tout le temps de Richard Shaver. Richard faisait ceci, Richard faisait cela… A vrai dire, Richard Shaver était bien l’homme que j’ai décrit mais il ne serait jamais passé à la postérité s’il n’avait pas croisé quelqu’un sur son chemin. Parce que Richard, ce doux dingue était bien incapable de faire quoi que ce soit de toutes les idées folles qui lui passaient par la tête. C’était peut-être une source inépuisable de théories échevelées mais il lui fallait bien trouver un moyen pour que ces théories ne deviennent des textes relativement digestes qui puissent être acceptés par le lecteur. Un jour donc, Richard a croisé sur sa route un homme qui ne se contenta pas de mettre à la poubelle le courrier déjanté qu’il venait de lui envoyer, ainsi que tout esprit normal l’aurait fait. Cet homme s’appelait Ray Palmer. A sa manière c’était lui aussi un esprit échevelé, mais Ray, au contraire de Richard Shaver n’avait pas fait de séjour en hôpital psychiatrique. Cela fait une différence. C’était même un éditeur professionnel reconnu dans son métier puisqu’il était rédacteur en chef de la revue Amazing Stories. Ray garda la lettre au contenu fantastique de Richard et prit contact avec lui. Il y avait quelque chose là-dedans… Ray avait du flair. Ray savait y faire.
Il n’existe qu’une seule photo réunissant Richard Shaver et Ray Palmer. Elle a été prise lors d’une visite que Ray rendit à Richard. Shaver est à gauche, Palmer à droite. Je suis sûr que ce qui vous a frappé dans cette photo en la voyant, c’est la différence de taille entre les deux hommes. Elle est si marquante qu’elle fait de ce cliché quelque chose d’un peu loufoque. Shaver était-il un géant ? Palmer un nain ? Il y a bien des choses à dire sur le sujet et j’en parlerais demain…
Mardi 11 avril 2006
2
11
/04
/2006
07:00
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Richard Shaver appelait cette cabane le "Studio". C'est là qu'il y étudiait les pierres ramassées autour de chez lui, les fameux "Rock-Books" qui racontaient l'histoire passée de la Terre. Le Studio était situé à Summitt, Arkansas, dans le jardin attenant à sa maison. Les choses ne sont pas claires mais il semble qu'il y avait installé un petit magasin pour touristes de passage où il vendait des minéraux. Lorsque les clients étaient sympathiques, il lui arrivait de leur donner l'un de ses tableaux qu'il y exposait. Il y a quelques mois, le nouveau propriétaire de la maison de Richard Shaver, apprenant le petit culte attaché à ce personnage a mis en vente le Rock-Studio sur Ebay. Si je me souviens bien, le prix de départ était aux environs de 2000 ou 3000 dollars. Bien naturellement, il n'y a eu aucune enchère. Quelques semaines après la fin de la vente, le propriéaire a envoyé un message sur la liste de diffusion Richard Shaver pour informer qu'un évènement étrange venait de se produire chez lui. Un pick-up garé dans son jardin dont le frein à main était mal serré s'était mis à descendre le terrain en pente douce. Il avait fini sa course dans le Rock-Studio, défonçant la fragile cabane. Elle n'est plus à vendre aujourd'hui et je doute que le propriétaire des lieux osera à nouveau vendre quoi que soit en rapport avec Richard Shaver. Il a bien compris que son esprit veille encore sur les lieux...
Mardi 4 avril 2006
2
04
/04
/2006
00:18
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Je ne pense pas avoir déjà publié cette photo du vrai Richard Shaver.
Le voilà, l'homme qui voulait nous mettre en garde.
« Ces DERO ont accès aux merveilleuses Machines des Anciens, toujours en état de fonctionnement, car leur fabrication les rends quasiment indestructibles, et avec ces Machines ils ont pu attaquer les TERO et les habitants de notre surface. Parmi toutes ces Machines il y a les incroyables VisioRay qui peuvent pénétrer à travers des kilomètres de roches et espionner tout ce qui se passe n’importe où sur Terre.» (Ray Palmer & Richard Shaver, The Secret World, 1975)
C'est vrai que j'ai oublié de parler des TERO. Par ce qu'il y a les maléfiques DEROS sous terre, mais il y a aussi les bons TERO, ces êtres qui infatigablement tentent de repousser l'influence des DEtrimental RObots.
Nous avons tous le pouvoir d'être de bons TERO. Il suffit de le vouloir et d'y croire. J'essaye, j'essaye.
Mardi 28 mars 2006
2
28
/03
/2006
07:20
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Je viens d'apprendre que Stanislas Lem, l'auteur de Solaris et l'inoubliable Mémoires Trouvées Dans Une Baignoire vient de mourir à l'âge de 84 ans.
Rappelons qu'il était le seul auteur de SF Polonais à avoir pu être publié à l'ouest dans les années 70.
Encore une semaine de merde ?
Lundi 27 mars 2006
1
27
/03
/2006
23:13
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Richard Fleischer, 89 ans, est mort à Los Angeles ce Samedi 25 Mars.
Discret, peu médiatisé, il a réalisé au cours de sa longue carrière nombre d'oeuvres maitresses de la SF au cinéma : 20.000 Lieues Sous Les Mers, Le Voyage Fantastique, Conan le Destructeur, sans oublier son chef d'oeuvre : Soleil Vert.
Merci Richard pour tous ces grands moments.
Jeudi 23 mars 2006
4
23
/03
/2006
00:16
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Enthousiasme et coup de tonnerre ce jour dans la communauté Shaverienne : Richard Shaver est à nouveau publié !
Luminist Publications , maison d'édition de Syracuse dans l'état de New-York, vient en effet d’annoncer sur son site internet la sortie du premier d’une longue série de fascicules reprenant les textes fondamentaux de la pensée Shaverienne. « I contacted an unknown race » est la réédition d’un article paru dans le numéro d’octobre 1955 de la revue Mystic dirigée à l’époque par Ray Palmer. Richard Shaver y parle longuement de son alphabet Mantong et donne des exemples concrets de son application.
Formons le vœu que cette initiative soit le point de départ d’un vaste renouveau des théories de Richard Shaver quant aux dangers qui menacent nos esprits.
Humain, ouvre les yeux : les Deros sont là !
Samedi 18 mars 2006
6
18
/03
/2006
14:00
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
« Je le dis et je le répète, de la manière la plus formelle et la plus définitive : Oui les Cavernes [des Deros] EXISTENT. Elles sont incroyablement étendues, tellement même que leur population totale (s’il n’y en avait pas déjà autant de morts !) pourrait être des milliers de fois celle de la population totale de la surface de la Terre, et tout çà parce que les cavernes s’étagent en très grand nombre. Les Cavernes sont reliées par de larges autoroutes taillées dans la roche dur sur des milliers de kilomètres. Tout l’intérieur de la Terre n’est qu’un vaste réseau compliqué de tunnels reliant entre elles des milliers de Cavernes, chacune aussi vaste que les grandes villes de notre surface, et certaines tellement grandes qu’elles pourraient faire paraître New York pour quelque chose d’insignifiant. »
Richard Shaver, The Hidden World, 1961
Jeudi 16 mars 2006
4
16
/03
/2006
07:15
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
A partir d'aujourd'hui, j'entame une réédition de mes articles sur l'esprit du "Shaver Mystery". Aujourd'hui, un exemple du style de lettres de lecteurs que l'on trouvait couramment dans les colonnes d'Amazing Stories au plus fort de la crise Shaverienne. Lettre publiée dans le numéro de Mars 1948 :
"Messieurs,
Dans le numéro du mois d’août 1947 j’ai lu avec intérêt la lettre parlant du vers ou du parasite qui vivrait dans le cerveau et serait la cause pour laquelle les Deros se comportent comme ils le font.
De 1941 à 1945, j’ai été marié, j’ai vécu et travaillé à McGill, Nevada. De temps en temps, une autre personnalité qui se faisait appeler Jala Shan prenait possession de ma femme Betty. Jala disait être une fille de Damballah et son signe était un oiseau s’envolant vers le couchant. Jala m’a raconté plein de choses – la plupart que je ne peux ni prouver ni réfuter. Jala m’a dit aussi que Betty avait été infectée par des vers qui se trouvaient dans son cerveau et qu’elle pourrait en mourir ou devenir folle. Après une lutte terrible, Jala m’a affirmé qu’elle avait réussi à détruire ces parasites. Et pendant tout ce temps là, ma femme était très énervée et n’allait pas très bien.
En 1944 nous avons déménagé à Vancouver, Washington. Et à peu près un an plus tard, je suis retourné dans le Nevada où j’ai obtenu le divorce. La dernière fois que j’ai entendu parler d’elle, elle était remariée et vivait à Seattle.
Il existe des sources très différentes pour prouver que vos histoires sont basées sur des faits. Une fois, vers 1939, j’ai été en contact avec l’Ordre Lémurien dont les chefs, Robert D. Stelle et Howard Zitko, parlaient de se réfugier dans des cavernes souterraines. Ils parlaient aussi de modifications que l’on pouvait apporter aux postes de Radio pour en faire une arme invulnérable, aussi bien pour la défense que pour l’attaque. Et puis il y a eu la Fraternité du Temple Blanc. Ils sont situés 1600, Logan Street, Denver, Colorado. Le Temple est dirigé par les Dr Doreal et Ramose. Eux aussi c’est un Ordre qui parle de géants, de cités souterraines et de pyramides de feu magnétique qui pointe toujours vers le soleil et situées profondément sous terre sur une ceinture magnétique et encore bien d’autres histoires qui décoiffent. Eux aussi cherchent à captiver votre esprit et votre imagination.
Peut-être que vous avez déjà reçu trop de lettres auxquelles il faut répondre alors je terminerais celle-là une autre fois.
C. H. Spaulding
Box 1223
Warrenton, Oregon"
"Ce que vous nous dites est très intéressant. Nous vous remercions pour ce commentaire sur une expérience que vous avez vécu et qui semble apporter une confirmation aux informations en possession de Richard Shaver sur les Cavernes et les parasites du cerveau. Raymond A. Palmer, Rédacteur en Chef."
Mercredi 15 mars 2006
3
15
/03
/2006
18:19
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Jeudi 2 mars 2006
4
02
/03
/2006
23:04
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Décidément c’est l’année Richard Shaver… Après une exposition de ses Rokfoto à San Francisco, une galerie qui expose ses peintures à New York, voici que le dernier film de Takashi Shimizu, intitulé Marebito, se revendique ouvertement du Shaver Mystery.
Takashi Shimizu, réalisateur du gros succés The Grudge s’est lancé cette fois dans le DV et un tournage en 8 jours pour une plongée souterraine sous Tokyo. Un aperçu du synopsis montre combien Richard Shaver aurait pu écrire lui-même le scénario :
« Caméraman pour la télévision, Masuoka a filmé le suicide particulièrement violent d'un homme dont le regard empli d'effroi l'a subjugué. Il veut comprendre cette terreur. Il croit trouver des indices dans les souterrains de Tokyo : marchant sur les traces des Deros, un peuple de légende qui aurait investi le centre de la terre pour tourmenter les hommes, il découvre une jeune fille, enchaînée, laissée à l'état sauvage. Il la ramène chez lui, l'observe : mutique, prostrée, elle montre un comportement étrangement animal. Son ex-femme, qui tente un dernier appel à la raison et qu'il ne reconnaît pas, le supplie de lui laisser revoir leur fille. Mais Masuoka détient la vérité : il a vu des Deros en ville, a compris que cette fille a besoin de sang humain pour survivre, et décide de la nourrir... »
Oui vous avez bien lu : Des Deros au cinéma ! Selon une source bien informée (Mr Jack Pougnassier pour ne pas le nommer) qui a pu se procurer une copie du film à l’issue d’obscures tractations, il apparaîtrait que seule la trame du Shaver Mystery est utilisée pour le film et que le résultat est extrêmement gore…(voir son compte-rendu en détail du film)
Louons néanmoins ce jeune réalisateur qui a pour la toute première fois porté à l’écran l’esprit de mon maître dont je ne suis que l’obscure réincarnation post-baccharesque.
A consulter :
La Fiche Allociné
Le site officiel de Marabito (déconseillé aux âmes sensibles et BRUYANT)
Dimanche 26 février 2006
7
26
/02
/2006
07:00
-
Publié dans : Le Mystère Shaver ?
Charles Fort est selon moi le Godfather de toute la culture Conspirationniste qui s'est développée au cours du 20ème siècle. C'est sans nul doute l'un de ses livres (The Book of the Damned) qui fût l'une des sources d'inspiration majeures de Richard Shaver pour son idée d'une civilisation maléfique Intraterrestre.
L'homme est peu connu en France, cela sans doute parce que les deux seuls livres de lui traduits en français n'ont pas eu, ou peu, de rééditions (Le Livre des Damnés et LO !). Aux USA et dans le Royaume-Uni par contre, Charles Fort et son influence sur toute la sphère du Paranormal sont maintenant bien établies. Un magazine au tirage assez important, Fortean Times, perpétue encore aujourd'hui avec qualité sa méthode et son style.
Mais qui est donc cet obscur Américain au nom si français ? Charles Fort est né à Albany en 1874. Après une jeunesse un peu mouvementée il trouve un emploi de journaliste à New York. Il publie aussi des Romans à feuilleton de piètre qualité se déroulant dans le monde sordide des "tenements", les taudis New-Yorkais. Charles est un solitaire à l'appétit littéraire insatiable. Il lit de tout. Il lit tout. Journaux, Publications scientifiques, Essais philosophiques... tout y passe. Charles est aussi quelqu'un de méticuleux et de monomaniaque. Ce qu'il aime par dessus tout, c'est collectionner les coupures de journaux parlant de phénomènes ou d’événements bizarres : pluie de pierres, pluie de poissons en pleine campagne, tempêtes soudaines, disparitions de navires, de personnes, de familles entières... Il aime aussi relever les erreurs ou les contradictions dans les publications scientifiques. Ce petit jeu l'occupe des années durant jusqu’au tournant du 20ème siècle, tellement même qu'il commence à entamer la classification méthodique de tous ces évènements par thème, genre, et phénomène. Auprès de ses collègues et amis, il se targue d'avoir accumulé pas moins de 40.000 coupures de journaux démontrant que des tas de phénomènes inexpliqués se déroulent autour de nous. Il bat en brèche la Science officielle, qui selon lui, rejette toutes ces données qu'elle considère comme "Damnées" car ne rentrant dans aucune de ses cases.
Charles Fort aurait pu rester un obscur original si son rédacteur en chef ne s'était pris en amitié pour lui. Il aime le faire venir dans son bureau et l'écouter parler sans fin de combustion spontanée des corps, d'aéronefs fantômes, de monstres marins, de disparitions mystérieuses. Ce rédacteur en chef n'est autre que le futur prix Nobel de littérature Théodore Dreiser. Dreiser l’encourage à coucher sur papier tout ce qu’il a découvert. C’est chose faite en 1919 avec la publication de son premier livre, The book of the Damned (Le livre des Damnés). L’ouvrage soulève un véritable tollé à sa sortie : d’un côté on parle de génie et de découvertes cruciales, de l’autre on crie au scandale et à l’imposture. Il faut dire que Charles Fort n’y va pas avec le dos de la cuillère. Avec une prose échevelée et pleine d’humour, il affirme que les aberrations géologiques découvertes dans les mines de charbon sont les artefacts de civilisations qui ont existé avant l’apparition de l’homme. Ces pierres aux formes bizarres que l’on trouve dans les champs et bien ce sont tout simplement des objets balancés par-dessus bord par des touristes extraterrestres visitant notre planète. Les pluies de grenouilles ou de poisson ? Des tentatives de téléportation (c’est lui qui invente le terme)… Le scandale provoqué par le livre a un mérite : il est remarqué par nombre d’écrivains de la naissante Science-Fiction (on l’appelle encore Scientifiction) qui y voient un bon réservoir d’idées pour leur histoires. Jack Williamson, HP Lovecraft, Clark Ashton Smith, E.F. Russell, ou Edmond Hamilton ne se cacheront pas trop d’avoir souvent emprunté à Charles Fort certains de ses thèmes.
Charles Fort reprend son travail de fourmi après la publication de son premier livre. Il a maintenant des correspondants qui lui envoient leurs coupures locales ou signalent à son attention des phénomènes. Abandonnant tout travail journalistique après un petit héritage, Il décide de déménager et s’installe à Londres de 1921 à 1928 afin de pouvoir écumer la bibliothèque du British Museum. Durant cette période il publie deux autres livres : LO ! (une seule édition en France en 1982 chez Belfond et New Lands (inédit en français). Il revient ensuite aux USA où il publiera en 1931 un dernier livre, Wild Talents (inédit en français) totalement consacré aux pouvoirs parapsychiques. Il meurt en 1932, bien peu conscient sans doute de l’influence souterraine qu’il aura dans la culture des cinquante prochaines années. Un an avant sa mort, un groupe d’amis avec à sa tête Théodore Dreiser et Tiffany Thayer fondent la Fortean Society, chargée d’étudier les phénomènes écartés par la Science avec un regard totalement sceptique. Avec Charles Fort c’est la naissance d’un état d’esprit corrosif, réfutant toutes les affirmations et posant le doute comme principal moteur de la pensée. Les Fortéens contemporains se revendiquent d’une libre pensée pour aborder tous les phénomènes ; refusant de prendre pour argent comptant ce que la Science officielle nous offre et regardant avec la plus grande circonspection ce que les Savoirs alternatifs proposent.
On peut sans conteste affirmer que sans Charles Fort, ni le mythe des soucoupes volantes, ni celui d’espions visitant notre planète régulièrement, ni encore celui des enlèvements extraterrestres ne se seraient développés dans la culture. Pour preuve, voici ci-dessous un extrait du Livre des Damnés où on relèvera en quelques lignes des thèmes majeurs qui feront le bonheur de chercheurs en pseudosciences et d’écrivains de SF (Enlèvements extraterrestres, Alliance conclue entre des humains et des représentants d’autres planètes, civilisations extraterrestres ayant précédé la venue de l’Homme, vie extraterrestre, et enlèvements d’humains à des fins diverses) :
"je crois que nous sommes des biens immobiliers, des accessoires, du bétail.
Je pense que nous appartenons à quelque chose. Qu’autrefois la terre était une sorte de no man’s land que d’autres mondes ont exploré, colonisé et se sont disputé entre eux.
A présent, quelque chose possède la terre et en a éloigné tous les colons. Rien ne nous est apparu venant d’ailleurs, aussi ouvertement qu’un christophe colomb débarquant sur san salvador ou hudson remontant le fleuve qui porte son nom. Mais, quant aux visites subreptices rendues à la planète, tout récemment encore, quant aux voyageurs émissaires venus peut-être d’un autre monde et tenant beaucoup à nous éviter, nous en aurons des preuves convaincantes. [...] Peut-être sommes-nous utilisables, peut-être un arrangement s’est-il opéré entre plusieurs parties : quelque chose a sur nous droit légal par la force, après avoir payé pour l’obtenir, l’équivalent de verroteries que lui réclamait notre propriétaire précédent, plus primitif. Et cette transaction est connue depuis plusieurs siècles par certains d’entre nous, moutons de tête d’un culte ou d’un ordre secret, dont les membres, en esclaves de première classe, nous dirigent au gré des instructions reçues, et nous aiguillent vers notre mystérieuse fonction.
Autrefois, bien avant que la possession légale ait été établie, des habitants d’une foule d’Univers ont atterri sur terre, y ont sauté, volé, mis à la voile ou dérivé, poussés, tirés vers nos rivages, isolément ou bien par groupes, nous visitant à l’occasion ou périodiquement pour raison de chasse, de troc ou de prospection, peut-être aussi pour remplir leurs harems. Ils ont chez nous planté leurs colonies, se sont perdus ou ont dû repartir.» Charles FORT, 1919, "Le Livre Des Damnés"
Surtout, n’oubliez pas : à chaque fois que vous avez l’impression que des petits gris vont venir vous enlever, c’est un peu à cause de lui…
Cet article est une version fortement revue et corrigée d'un petit article que j'avais publié en Septembre 2005.